14/02/2018

L'humilité de notre D.ieu


Lorsque nous sommes venus nous installer dans le village où nous vivons actuellement, nous avons cherché un appartement qui correspondait à nos besoins. Pensant avoir trouvé ce que le Seigneur nous réservait de mieux à cet endroit, nous avons pris rendez-vous avec le délégué du propriétaire pour établir un contrat de location – c’est de cette manière que cela fonctionne par ici. Toutefois, avant de pouvoir recevoir les clefs de notre logement, mon épouse et moi-même avons dû nous engager formellement à respecter le règlement d’ordre intérieur de l’immeuble. Interdiction de cuisiner sur le balcon, d’y pendre le linge à sécher ou d’y déposer le sac des poubelles. Interdiction de pendre de nouveaux rideaux aux fenêtres sans l’approbation du propriétaire. Obligation de veiller à la propreté des espaces communs et obligation de respecter la tranquillité des autres habitants de l’immeuble, en particulier durant les heures de la nuit.  Etcétéra. Etcétéra. Etcétéra. La personne qui a rédigé ce règlement très strict fait partie du groupe de propriétaires qui a construit cette maison et vit sur place.

Or, il se fait que, depuis de nombreux mois, nous subissons des nuisances de voisinage, à cause d’une porte de garage située juste en-dessous de notre chambre à coucher et qui s’ouvre et se ferme à n’importe quelle heure de la nuit. C’est très bruyant et cela nous empêche de dormir correctement. Par conséquent, nous sommes de plus en plus fatigués et notre santé est de plus en plus précaire. Liés par ce contrat de location que j’ai mentionné plus tôt, nous ne pouvons pas nous en aller juste comme ça. Si nous décidons de partir avant que trois années se soient écoulées, il nous faut obligatoirement verser des indemnités de départ anticipé. Pour éviter cela, nous avons interpellé le délégué du propriétaire, pour qu’il intervienne. Il a écrit une lettre qu’il a envoyée à tous les occupants de l’immeuble,  pour exiger qu’ils fassent plus attention et respectent mieux le règlement d’ordre intérieur, mais cela n’a pas beaucoup changé.

Alors, avec mon épouse, nous avons décidé de veiller à la fenêtre, afin de découvrir qui pouvait être le ou les perturbateurs. Et figurez-vous que la découverte que nous avons faite nous a plongés dans la consternation. La personne qui occasionne le plus de dérangement est le propriétaire lui-même, celui qui a rédigé ce règlement d’ordre intérieur et qui exige de nous que nous le respections rigoureusement !

Si je vous parle de cette histoire, ce n’est évidemment pas pour vous raconter tous mes ennuis, mais parce que nous pouvons en tirer une leçon. En comparant ce propriétaire qui rédige le règlement d’ordre intérieur à Dieu, qui édicte la Loi, j’ai vu à quel point la justice humaine est exécrable et à quel point la justice de Dieu est admirable. De fait, à la différence du mauvais propriétaire de cet immeuble, qui promulgue des lois qu’il impose aux autres mais qu’il transgresse lui-même selon ses caprices du moment, notre Dieu édicte des Lois qu’il est le premier à respecter et qu’il est même le seul à respecter. Vous la voyez, la différence ?

D’un côté nous avons un pharaon, qui promulgue des décrets pour maintenir ses serviteurs en esclavage, d’autre part, nous avons un Dieu qui publie des ordonnances qui permettent à chacun de retrouver le chemin de la liberté, ordonnances qu’il respecte lui-même et qu’il place donc au-dessus de Lui-même aussitôt qu’il s’y soumet comme le ferait un fidèle serviteur.

Un vieil ami, père de huit enfants, m’avait un jour confié que dans sa maison, tout le monde était tenu de respecter rigoureusement l’horaire des repas. Il était intransigeant sur ce point. S’il avait été décidé que le dîner était à sept heures, il fallait être à table à sept heures. On rendait grâces à Dieu pour le repas, on s’asseyait, on remplissait les assiettes, on mangeait, on débarrassait la table, on faisait la vaisselle et tout le monde retournait à ses occupations. L’enfant qui ne respectait pas cette directive était aussitôt privé de nourriture. Cela pourrait sembler dur comme règle de vie, mais cet homme m’a expliqué que ce respect de l’horaire apportait, en réalité, beaucoup plus de liberté à chacun. Si, dans une grande famille, tout le monde arrivait plic-ploc au gré de ses caprices, le repas s’éternisait inévitablement et les activités des uns et des autres en pâtissaient. Par contre, en respectant cet ordre du chef de famille, les plus jeunes avaient un point de repère stable autour duquel faire tourner la vie de famille et les plus grands gagnaient du temps pour faire autre chose après le repas. Nous voyons donc que certaines règles, certaines contraintes, ouvrent la porte à plus de liberté.

Mais que penseriez-vous d’un père de famille qui imposerait ce genre de règle à son épouse et à tous ses enfants mais qui, dans le même temps, arriverait lui-même en retard : un jour deux minutes, le lendemain, dix, puis une, puis à nouveau deux ? Certains enfants ne se sentiraient-ils pas pousser tout à coup des ailes d’anges rebelles, en se permettant d’arriver eux-mêmes en retard ou en commençant à murmurer contre leur père ? Ils ne manqueraient pas de persécuter les plus sages ou de les inciter à en faire autant, et tout cela aboutirait inéluctablement à la mutinerie.
 
En Jésus, Dieu nous montre l’exemple. Jésus a dit qu’il n’était pas venu pour abolir la Loi et les Prophètes mais pour l’accomplir. Il est venu en serviteur de la Loi, non en législateur ou en réformateur de cette Loi. Il s’y est soumis jusqu’à ce que cette obéissance le conduise à la potence. ce faisant, nous est-t-il dit dans la lettre aux Colossiens (Colossiens 2,15) : « il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. », c’est-à-dire en triomphant d’elles par son humilité. En renonçant à lui-même, en se faisant obéissant à Dieu jusqu’à l’extrême, Jésus à démasqué tous ces esprits rebelles qui, dans leur orgueil, s’étaient élevés au-dessus de Dieu et enfreignaient chacune de ses ordonnances.

Jésus a dit : « Celui qui me voit, voit celui qui m'a envoyé » (Jean 12,45) et « Celui qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14,9). En voyant l’abaissement du Fils de l’homme, nous voyons donc Dieu, notre Père, se plier Lui-même aux règles qu’il a édictées pour ses enfants. Il donne l’exemple, il ouvre la voie, il se pose en modèle à suivre. Jésus n’a-t-il pas affirmé par ailleurs que « le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur » (Jean 13,16) ? Comment pouvons-nous donc nous élever au-dessus de la Loi, au-dessus des ordonnances de l’Eternel si le Fils de l’homme lui-même s’y est soumis. Et qu’on ne vienne pas me raconter que Jésus s’est soumis à la Loi à ma place. Il est mort à ma place, parce que mes œuvres, toujours imparfaites, jamais totalement pures, ne peuvent pas me racheter. Mais il l’a fait pour que je puisse à nouveau me soumettre à la Loi en toute liberté, non m’y soustraire. Faites très attention : toute doctrine qui contreviendrait à cette affirmation est le fruit d’anges rebelles. Comme l’a dit Jésus : « Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux » (Jean 5,19). Et qui, mieux que Jésus a observé les commandements, et qui, mieux que Jésus, a enseigné à les observer par la parole et – tenez-vous bien – par l’exemple.
 
Dieu n’est donc pas comme ce propriétaire inique qui nous rend la vie insupportable en nous imposant des choses qu’il ne pratique pas lui-même, que le Seigneur ait pitié de son âme ! Dieu est d’une humilité époustouflante. C’est donc cette bassesse du plus humble des hommes que je vous invite à contempler dès à présent. Dans l’une de ses lettres, Jean écrit qu’à l’heure de la manifestation en gloire de Jésus Christ, « nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est » (1 Jean 3,2). Puissiez-vous comprendre ces paroles prophétiques non pas de manière charnelle, superficielle, mais authentiquement spirituelle. 

Personnellement, conscient de mon impuissance et de mon incapacité totale, je demande à Jésus de m’apprendre à lui ressembler davantage au niveau de ses qualités de cœur. Et la première que je lui demande est cette humilité qui fait de lui le plus beau des enfants des hommes. Voulez-vous lui ressembler un jour dans toute la splendeur de sa gloire ? Aspirez à l’humilité et apprenez ce que signifie cette parole du livre des Psaumes (Psaume 51,17) « Les sacrifices qui plaisent à Dieu sont un esprit brisé et un cœur broyé. Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un esprit brisé et contrit. »

Phil Edengarden

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